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Soutien de l’International Longevity Alliance à toutes les initiatives en faveur d’une recherche plus ouverte, plus rapide et plus efficace contre l’épidémie de Covid-19 (et pour une meilleure résilience des personnes âgées)

Soutien de l’International Longevity Alliance à toutes les initiatives en faveur d’une recherche plus ouverte, plus rapide et plus efficace contre l’épidémie de Covid-19 (et pour une meilleure résilience des personnes âgées)

L’International Longevity Alliance accueille favorablement et soutient les propositions visant à accélérer la recherche concernant cette maladie fortement liée au vieillissement.

Entre autres actions, nous soutenons les trois initiatives suivantes

La proposition du président du Costa Rica, Carlos Alvarado Quesada, à l’OMS :

Le Costa Rica, dans l’esprit de contribuer aux actions mondiales de lutte contre la pandémie, demande respectueusement à l’Organisation mondiale de la santé (OMS) d’entreprendre un effort pour mettre en commun les droits sur les technologies utiles pour la détection, la prévention, le contrôle et le traitement de la pandémie COVID-19.

Cette mise en commun, qui impliquera des cessions volontaires, devrait inclure les droits existants et futurs sur les inventions et les modèles brevetés, ainsi que les droits sur les données des tests réglementaires, le savoir-faire, les lignées cellulaires, les droits d’auteur et les plans de fabrication de tests de diagnostic, de dispositifs, de médicaments ou de vaccins. Elle devrait prévoir un accès libre ou l’octroi de licences à des conditions raisonnables et abordables, dans chaque pays membre.

Compte tenu de l’urgence de cette question, le Costa Rica propose que l’OMS élabore un premier protocole d’accord concis sur l’intention de partager les droits sur les technologies financées par le secteur public et d’autres acteurs concernés, et qu’elle contacte les États membres de l’OMS, les institutions à but non lucratif, l’industrie et d’autres acteurs pour leur demander de signer un tel protocole.

La proposition du coprésident de la Fondation Bill et Melinda Gates, Bill Gates

Il y a eu très peu d’histoires positives sur COVID-19, mais l’une d’elles est la science. Il y a trois ans, notre fondation, le Wellcome Trust, et divers gouvernements ont lancé la Coalition for Epidemic Preparedness Innovations – ou CEPI. L’objectif était d’accélérer le processus de test des vaccins et de financer de nouveaux moyens, plus rapides, de développer les vaccinations en premier lieu. Si un nouveau virus devait commencer à se propager dans le monde, nous voulions être prêts. (…)

Une autre considération importante est le coût : si le secteur privé est prêt à s’engager et à fabriquer ce vaccin, par exemple, il ne devrait pas avoir à perdre de l’argent pour le faire. Dans le même temps, tout vaccin COVID-19 doit être classé comme un « bien public mondial » et rester abordable et accessible à tous. (…)

L’humanité, après tout, n’est pas seulement liée par des valeurs communes et des liens sociaux. Nous sommes également liés biologiquement, par un réseau microscopique de germes qui relie la santé d’une personne à la santé de toutes les autres. Dans cette pandémie, nous sommes tous connectés. Notre réponse doit l’être aussi.

L’initiative conjointe de la Fondation pour les NIH, de la Food and Drug Administration américaine, de l’Agence européenne des médicaments, des sociétés biopharmaceutiques et d’autres acteurs

Lancer un partenariat public-privé pour accélérer la mise au point du vaccin COVID-19 et des options de traitement.

Le partenariat ACTIV (Accelerating COVID-19 Therapeutic Interventions and Vaccines), qui est prévu, mettra en place un cadre de collaboration pour hiérarchiser les vaccins et les médicaments candidats, rationaliser les essais cliniques, coordonner les processus réglementaires et/ou tirer parti des atouts de tous les partenaires pour réagir rapidement à la COVID-19 et aux pandémies futures. Cette initiative s’inscrit dans le cadre de la réponse pangouvernementale et panaméricaine que l’administration a menée pour battre COVID-19.

L’ILA a déjà déclaré en février qu’elle appelait

Pour une ouverture maximale des données médicales des patients atteints du coronavirus SRAS-CoV-2, afin de faciliter la recherche médicale et le développement de nouvelles thérapies et de nouveaux schémas de traitement.

COVID-19 n’est pas la première épidémie grave de coronavirus, et probablement pas la dernière pandémie dans l’histoire de l’humanité. Les mesures anti-épidémiques ne suffisent pas à elles seules à sauver la vie des personnes âgées qui ont besoin de thérapie et de prévention, et à lutter contre de telles épidémies. Des efforts supplémentaires sont nécessaires pour développer de nouvelles thérapies et de nouvelles approches médicales anti-infectieuses et de soutien afin d’améliorer la réponse immunitaire.

Il est temps de mener une action plus ouverte, plus unie et plus puissante en faveur de la résilience des personnes et des nations. Résilience contre le coronavirus et résilience pour la longévité.

 

Covid-19 et longévité. La mort de la mort. N° 132. Mars 2020.

Nous demandons (…) une ouverture maximale des données médicales des patients atteints du coronavirus SARS-CoV-2, afin de faciliter la recherche médicale et le développement de nouvelles thérapies et de nouvelles pistes de traitement. (…)

L’augmentation du taux de mortalité par le COVID-19 avec l’âge soulève des questions sur les caractéristiques du vieillissement biologique qui entraînent une plus grande sensibilité à cette maladie et à d’autres maladies infectieuses. (…)

Peut-être que s’il existait des moyens de renforcer ou de régénérer l’immunité des personnes âgées, cette maladie ne les tuerait pas.

Extraits d’une lettre ouverte au président de l’Organisation Mondiale de la Santé et aux Chefs d’Etat (le texte en anglais peut être signé ici).


Thème du mois : Coronavirus et longévité


En ces dernières heures de mars 2020, il n’y a peut-être plus un seul être humain adulte en pleine possession de ses moyens qui ne soit au courant de l’extension de la maladie d’origine virale nommée Covid-19.

Cet évènement est unique à bien des niveaux. Jamais, au cours des cinq derniers siècles de l’histoire de l’humanité, un évènement sanitaire n’avait eu un tel impact. Jamais, dans l’histoire récente de l’humanité, la productivité économique mondiale n’aura autant diminué en aussi peu de temps. Jamais, dans l’histoire de l’humanité, une maladie n’aura été combattue aussi rapidement, avec autant d’énergie et avec autant de moyens scientifiques, économiques, politiques, financiers…

Les conséquences économiques, sociologiques et culturelles sont incalculables. Nous vivons un scénario de film apocalyptique. Un organisme invisible se répand rapidement partout dans le monde et provoque partout un nombre de décès qui va grandissant. Les rues sont désertées par les habitants. Les humains s’évitent et restent cloitrés sauf pour se nourrir. Les supermarchés sont pris d’assaut.

Tous les ingrédients du film apocalyptique ? Non. Il en manque un. Le virus ne tue pas tous ceux qui sont exposés. En fait, il tue avec « éclectisme », surtout les personnes les plus âgées et les plus faibles. 

Selon les données dont nous disposons, le sort fatal concernerait environ une personne atteinte sur 15 dans la pire des hypothèses. Selon d’autres estimations, il ne s’agirait qu’une personne sur 100. Il y a même des chercheurs envisageant une létalité encore nettement moindre de l’ordre de 0,25 %. Ils se basent notamment sur l’idée que de nombreuses personnes seraient porteuses asymptomatiques du virus. Ceci semble cependant très improbable, compte tenu notamment des connaissances acquises là où des groupes complets ont été testés.

Ces dernières semaines, sauver des vies menacées par le virus est devenu une priorité absolue. Les autorités et les citoyens agissent avec une détermination qui va bien au-delà des « désavantages » économiques et matériels normalement acceptés.

Des longévitistes l’avaient annoncé depuis longtemps. Ceux qui hier considéraient que la vie est « bien assez longue comme cela » se mobiliseraient le jour où une maladie menacerait de faire chuter la durée de vie. Nick Bostrom avait même envisagé cela sous le terme du test de l’inversion. Ce que personne n’imaginait, c’est l’ampleur de la réaction de l’opinion publique.

La situation de ces dernières semaines est celle de deux phénomènes boule de neige en cascade. La croissance du nombre de personnes atteintes entraîne la croissance des mesures prises. Une fois cette double croissance « lancée », il devient presque impossible de l’arrêter. Tant que des moyens thérapeutiques de type antiviraux ou vaccins ne sont pas découverts, s’arrêter de lutter, cela serait perdre la face, admettre que des centaines de milliards d’euros ont été dépensés en vain et s’accommoder de millions de décès de personnes âgées. Si la vie humaine des plus faibles avait pesé, ne fût-ce qu’un peu moins dans la balance, de nombreux Etats, peut-être presque tous, se limiteraient à des mesures plus modérées, « acceptant » des morts en plus.

La détermination des autorités et des citoyens est extraordinaire et émouvante. Il faudra cependant être attentif à ce qu’elle ne devienne pas irrationnelle. Toute mort humaine évitable est une tragédie. Une mort suite au coronavirus n’est pas plus dramatique qu’une mort de la grippe ou d’une septicémie. Or, rien que la grippe provoque des centaines de milliers de morts chaque année. Et la seule application de procédures strictes de vaccination et d’hygiène pour toutes les personnes en contact direct avec des personnes âgées en sauverait probablement des centaines de milliers. Sans maîtrise de la pandémie, des millions de femmes et d’hommes risquent de mourir du coronavirus. Mais des dizaines de millions de femmes et d’hommes mourront aussi d’autres maladies généralement liées au vieillissement rien que dans les prochains 12 mois

Le Covid-19 présente plusieurs similitudes avec l’ensemble des mécanismes de dégradation concernant le vieillissement. Détaillons en quelques-uns.

L’âge des décès

La probabilité de mourir après infection suit une courbe exponentielle qui ressemble beaucoup à la courbe de Gompertz du vieillissement.

Pour le vieillissement ordinaire, à partir d’une vingtaine d’années, la probabilité de décéder est multipliée par 2 environ tous les 8 ans. Pour les décès suite au coronavirus, l’âge est aussi, de très loin, le facteur le plus déterminant. Ainsi, aucun décès d’enfant de moins de 10 ans n’est encore à déplorer nulle part dans le monde. Seuls 0,2 % de jeunes adultes décèdent lorsqu’ils sont atteints et 1,3 % des personnes de 50 à 59 ans. Mais 8 % des personnes de 70 à 79 ans meurent et plus de 20 % des nonagénaires. Le coronavirus est peut-être plus une maladie liée au vieillissement que toute autre maladie infectieuse. En Italie, pays aujourd’hui le plus touché par la pandémie, l’âge moyen du décès des personnes atteintes est de 79,5 ans.

Il est utile de noter qu’aujourd’hui, les maladies infectieuses sont presque toutes plus dangereuses pour les personnes âgées que pour les jeunes. Mais cela n’a pas toujours été le cas. Ainsi, la redoutable grippe espagnole de l’après première guerre mondiale « visait » d’abord les jeunes militaires, épuisés par la guerre.

Plus les hommes que les femmes, plus les malades que les biens portants

Partout dans le monde, les femmes vivent plus longtemps que les hommes. Parallèlement, le coronavirus est moins létal pour les femmes que pour les hommes. Une des explications est que les femmes fument moins que les hommes, ce qui a un impact pour une maladie qui provoque le décès le plus souvent suite à une détresse respiratoire. Cependant, cela ne semble pas expliquer l’importance des différences, à savoir plus de 50 % de décès en plus chez les hommes.

Sans surprise, le coronavirus, comme le vieillissement, provoquent plus de décès chez les personnes qui ont déjà d’autres affections. Les facteurs de risques principaux sont très proches de ceux qui accélèrent le plus les décès suite au vieillissement : maladies cardiovasculaires, diabètes, maladie respiratoire chronique, hypertension et cancer. 

Un système immunitaire déficient

Un des aspects du vieillissement, c’est l’immunosénescence. Notre système immunitaire devient de moins en moins efficace avec l’âge. Il ne reconnait plus ni les corps « amis » ni les corps « ennemis ». 

C’est notamment pour cela que les maladies infectieuses, virales ou non, sont beaucoup plus souvent mortelles chez les personnes âgées. C’est pour cela que les vaccins sont moins efficaces, même s’ils restent utiles. C’est probablement pour cela que le coronavirus est tellement létal chez les personnes âgées.

Nous en savons beaucoup mais nous avons beaucoup d’incertitudes 

Pour le coronavirus, comme pour le vieillissement, nous avons accumulé des connaissances énormes. Cependant, pour le coronavirus, comme pour les mécanismes du vieillissement, nous avons également d’énormes pans d’ignorance. À commencer par ce qui est le plus important : comment stopper les processus de développement qui mènent au décès.

Mais là s’arrêtent les similitudes. 

En ce qui concerne le coronavirus, nos nombreuses incertitudes concernent notamment :

Les connaissances progressent à un rythme sans équivalent dans l’histoire pour l’étude d’une maladie. Des millions de personnes et d’organisations se mobilisent pour lutter.

Il est essentiel, dans le cadre de la maîtrise de cette crise que les efforts internationaux soient renforcés, coordonnés, avec des données anonymisées accessibles à tous. Dans ces conditions, il est probable que des thérapies diminuant fortement la mortalité seront disponibles rapidement.

Les principales pistes thérapeutiques sont :

Mais d’autres pistes sont à explorer, notamment l’utilisation de cellules-souches

En ce qui concerne les virus, guérir vaut mieux que prévenir 

En attendant mieux, la prévention peut fonctionner. Il semble qu’elle atteindra son objectif, mais au moyen d’un coût économique incroyable. Pour paraphraser une phrase de La Fontaine, en ce moment « Peu meurent, mais tous sont frappés ». Des milliards de personnes restent à leur domicile. Les bourses de la planète s’effondrent. Des millions d’entreprises sont menacées. Et partout, les citoyens se mobilisent par peur pour eux-mêmes, par obligation fixée par les autorités, et aussi par un souhait de protection des plus faibles et des plus âgés qui n’a jamais eu d’équivalent.

Pour l’exprimer de manière un peu provocatrice, guérir vaudrait encore mieux que prévenir. Prévenir toutes les maladies nouvelles en empêchant la naissance de nouveaux virus létaux pour l’homme est impossible et le restera dans un avenir prévisible. En effet, de nouvelles sortes de virus peuvent apparaître partout et à tout moment. Les moyens pour empêcher la propagation doivent être améliorés. D’autant que nous ne sommes pas à l’abri de virus nettement plus létaux et qui ont une durée d’incubation encore plus longue. 

Trouver les moyens de lutter contre les maladies infectieuses plus rapidement est donc un enjeu qui pourrait devenir une question de survie, non pas seulement pour les personnes âgées et faibles, mais pour l’ensemble de l’humanité. Trouver de manière préventive des remèdes contre de plus en plus de types de virus infectieux pour l’homme est aujourd’hui impossible mais pas inenvisageable sur le long terme. Et cela peut, voire doit, s’inscrire dans un environnement global dans lequel tout ce qui rend l’humain plus résilient, capable de vivre en bonne santé plus longtemps doit être recherché.

Guérir vaut mieux que prévenir en ce qui concerne les maladies liées au vieillissement

La prévention des maladies liées au vieillissement est importante. Une meilleure hygiène de vie, plus de sport, moins de stress, une alimentation plus équilibrée et moins abondante, tout cela permet de gagner quelques années de vie en bonne santé.

Mais, encore plus que pour la lutte contre les virus, des progrès permettant une vie beaucoup plus longue et en bonne santé ne peuvent se faire sans progrès médicaux et scientifiques de rupture. Des progrès importants ne sont envisageables qu’en maîtrisant des mécanismes aboutissant à un véritable arrêt (ou ralentissement radical) des processus de vieillissement.

Pour lutter contre la sénescence, la mobilisation est faible et les connaissances progressent lentement. Les maladies liées au vieillissement sont encore trop souvent vues comme acceptables car « naturelles ». 

Cependant, ceci vient de radicalement changer pour une des maladies liées au vieillissement à savoir la pandémie actuelle. Un virus est pourtant tout ce qu’il y a de plus naturel. Que ce soit le virus de la peste ou la maladie à coronavirus 2019. Nous n’acceptons plus qu’ils tuent, même les personnes âgées en mauvaise santé qui ont vécu bien plus longtemps que la durée de vie moyenne. Et tant mieux !

Et demain ?

Des luttes ont débuté, il y a à peine 100 jours, pour maîtriser l’épidémie, pour le partage des connaissances, pour les progrès scientifiques et les thérapies nouvelles contre le Covid-2019. Elles seront épuisantes. Mais l’humanité a traversé des épreuves plus difficiles encore.

Début 2020, nous nous souciions déjà plus que jamais des personnes âgées. Mais réjouissons-nous du saut supplémentaire de l’opinion publique et des décideurs entre janvier 2020 et mars 2020. La mort de personnes âgées suite à une maladie infectieuse est devenue une catastrophe.

Bientôt, nous pourrons peut-être passer de la recherche scientifique approuvée quasi-unanimement contre une nouvelle maladie réduisant l’espérance de vie à la recherche médicale de nouveaux remèdes augmentant l’espérance de vie (en bonne santé bien sûr).


La bonne  nouvelle du mois : Des cellules humaines âgées rajeunies


La principale nouvelle scientifique de santé non relative au coronavirus a été annoncée par une équipe de la célèbre Université médicale de Stanford. Les chercheurs californiens ont utilisé les protéines appelées Facteur Yamanaka et ont réussi à rajeunir des cellules humaines. Ils ont également constaté que des cellules musculaires de souris, traitées de manière similaire et réinjectées dans le corps des souris, avaient un effet rajeunissant sur les souris.

Les chercheurs veulent poursuivre leur travail pour, un jour, permettre le rajeunissement de tissus humains.


Pour en savoir plus :

 

 

 

Lettre ouverte à l’Organisation Mondiale de la Santé à propos du COVID-19 et merci de signer et faire circuler la pétition!

A propos du COVID-19, de nombreux scientifiques et des activistes longétivistes ont écrit une première lettre ouverte à l’Organisation Mondiale de la Santé sur la nécessité de disposer de données ouvertes des patients atteints du coronavirus, afin de faciliter la recherche médicale et le développement de nouvelles thérapies. 

Afin d’orienter les efforts de la société vers la résolution des problèmes liés à l’augmentation de l’espérance de vie, nous sommes confrontés à une tâche incroyablement importante. Nous souhaitons recueillir le plus grand nombre possible de signatures dans le cadre de cette pétition sur change.org. Nous vous invitons à la signer et à la faire circuler!

Parmis les événements en 2020: Participation de Heales au Festival « I love science » et à l’Eurosymposium

  • Vous pouvez participer à la conférence en ligne « Being 100 years young » le 11 et 12 Juin 2020

Conference 2023

  • Heales participera au Festival « I love science » reporté en Novembre 2020!

https://ilovescience.brussels/fr/

  • L’Eurosymposium 2020 se déroulera du 1er au 3 octobre en ligne suite à la crise du Coronavirus.

http://www.eha-heales.org/

Jeunesse et longévité. La mort de la mort. N° 131. Février 2020

Je crois qu’en fait un homme passe sa vie à guérir de son enfance. (…) Il est dur de vieillir sans être adulte. Jacques Brel.

On ne pense à la mort que comme quelque chose de futur. Mais le futur un jour sera le présent. Vous êtes égoïste par rapport à vous-même, votre vous du futur, la personne que vous deviendrez. Il existe heureusement des pistes pour stopper cette terrible maladie qu’est le vieillissement. Mais l’humanité y investit trop peu d’efforts. (…) Peut-être serons-nous de la génération de ceux qui vivront éternellement ou alors de celle qui sombrera à jamais dans l’oubli. Citation audacieuse dans 4 creepiest mysteries of the body.


Thème du mois : Le vieil homme et l’enfant


Certains affirment que la valeur de la vie vient de sa brièveté. Or, les enfants ont toute la vie devant eux. Voyez-vous chez les jeunes un manque de volonté, une forme d’ennui  ? Parfois peut-être, mais moins que chez les adultes.

Ce sont souvent les mêmes personnes qui affirment également que si nous avions une vie beaucoup plus longue ou sans limitation de durée, nous serions atteints d’une sorte de léthargie. En effet, plus rien ne serait urgent. Pensez-vous en regardant nos très jeunes semblables dans un jardin d’enfant, une cour de récréation ou encore en groupe aux portes d’un café que, parce que l’horizon leur semble sans limites, ils aient tendance à prendre tout avec lenteur ?

Bien au contraire, l’horizon large est généralement un facteur d’enthousiasme et d’énergie. D’ailleurs, seriez-vous demain plus actif, énergique et enthousiaste si vous saviez que vous n’aviez plus que quelques semaines à vivre ?

L’être humain est le seul animal à avoir conscience de l’inéluctabilité de sa fin. Mais jusque 3 ou 4 ans, l’enfant n’a pas du tout conscience de ce qu’est la mort. Ensuite, il en prend conscience, mais d’abord sans se rendre compte que cela concerne tous les humains. Petit à petit, l’enfant va percevoir que la mort est un phénomène irréversible et inéluctable. Cependant, même après la découverte de l’inéluctabilité, les adolescents voient le vieillissement comme un futur plus que lointain.

Evidemment, même chez les adultes d’âge mûr, cette conscience reste toujours relative. Ceci concerne les croyants qui affirment qu’il existe une vie après la mort. Ceci concerne aussi les non-croyants. Cet aspect a été abordé dans une lettre de 2010 concernant la théorie dite de la gestion de la terreur (terror management theory) Cette théorie énonce que nous sommes tellement terrifiés par la mort que pour rendre son idée soutenable, nous avons besoin de la voir comme positive, imaginer y remédier devient dès lors non avenu, impossible.

Les jeunes enfants découvrent donc l’inéluctabilité du vieillissement et de la mort physique, en même temps que l’attitude souvent ambivalente de leurs parents. Ils seront souvent indignés. Cela leur permettra parfois d’être des pionniers dans la lutte pour la longévité.

Nina Khera est une jeune scientifique surdouée de 13 ans, originaire du Canada. Elle étudie la longévité et la génomique et se spécialise dans la lutte contre les cellules sénescentes.

Laura Deming avait 12 ans quand elle commença à travailler. À cet âge, elle traversa la moitié de la planète depuis sa Nouvelle-Zélande natale pour rejoindre le laboratoire californien de la spécialiste du vieillissement Cynthia Kenyon. Elle est aujourd’hui une adulte convaincue de l’importance de la recherche et des investissements dans ce domaine.

Laurent Simons, à l’âge de 9 ans, voulait déjà devenir un scientifique et un médecin pour mettre fin au vieillissement.

Un des aspects impressionnants pour Laura Deming et Laurent Simons, c’est que leur idéal est né de la même préoccupation en leur jeune âge : protéger leurs grands-parents.

Laurent Simons déclarait dans un journal flamand : Mon but en tant que scientifique est de prolonger la vie. Mes grands-parents sont des patients cardiaques et je veux les aider. Et les faire vivre éternellement.

Laura Deming racontait dans une interview : Je me souviens d’une fois où ma grand-mère est venue nous rendre visite. Je n’avais jamais fréquenté quelqu’un de plus de 60 ans auparavant. (…) pour ma grand-mère, seulement se lever d’une chaise, c’était vraiment douloureux. Cela m’a frappé. (…) Ensuite je me rappelle avoir demandé à mes parents quelle maladie était-ce. Ils m’ont dit : elle n’est pas atteinte d’une maladie, elle est vieille. Je leur ai demandé quelle maladie c’était d’être vieux. Ils m’ont dit : Oh, non, non, tu ne comprends pas, c’est un processus naturel. Et en tant qu’enfant, vous vous dites : C’est stupide. Pourquoi y a-t-il un processus naturel que nous devrions tous attraper, une maladie qui nous rend tellement abimés ?

Les plus jeunes sont souvent les plus enclins à se préoccuper du sort des plus âgés et à les défendre. Ils n’ont pas encore appris à supporter les injustices, fussent-elles celles de la nature.


Les nouvelles du mois : recherches à propos du coronavirus et intelligence artificielle pour des antibiotiques


Alors que les craintes relatives au virus SARS-CoV-2 (coronavirus), s’étendent, deux aspects sont importants et concernent la « lutte contre le vieillissement » :

  • Il a été relevé que le risque de décès est beaucoup plus grand chez les personnes âgées. Comme pour toute maladie infectieuse, un des principaux facteurs aggravants est l’âge.
  • Des archivistes se sont mobilisés pour que l’ensemble des articles scientifiques utiles pour lutter contre la nouvelle maladie soient accessibles sans tenir compte des droits d’auteur. Ils parlent d’impératif moral. Ils argumentent donc implicitement sur le fait que le droit à la vie prime ou devrait primer sur le droit au profit.

Enfin, dans un autre domaine, concernant cette fois les bactéries pathogènes, pour la première fois, un antibiotique a été développé grâce à une intelligence artificielle en utilisant des techniques de machine learning. L’antibiotique nouveau, baptisé Halicim, a déjà prouvé son efficacité chez les souris et sur des cellules humaines.


Pour en savoir plus :