{"id":1896,"date":"2025-03-31T15:56:23","date_gmt":"2025-03-31T14:56:23","guid":{"rendered":"https:\/\/heales.org\/healesfr\/?p=1896"},"modified":"2025-04-01T22:07:14","modified_gmt":"2025-04-01T21:07:14","slug":"ettre-dinformation-mensuelle-de-heales-la-mort-de-la-mort-n191-tarigrades","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/heales.org\/healesfr\/2025\/03\/31\/ettre-dinformation-mensuelle-de-heales-la-mort-de-la-mort-n191-tarigrades\/","title":{"rendered":"Lettre d&rsquo;information mensuelle de Heales, La mort de la mort N\u00b0191. Tarigrades"},"content":{"rendered":"<hr \/>\n<p><i><span style=\"font-weight: 400;\">Le d\u00e9sir d&rsquo;\u00e9chapper \u00e0 la condition humaine, je le soup\u00e7onne, sous-tend \u00e9galement l&rsquo;espoir de prolonger la dur\u00e9e de vie de l&rsquo;homme bien au-del\u00e0 de la limite de cent ans. Hannah Arendt, philosophe. La condition humaine, 1958 (<\/span><\/i><a href=\"https:\/\/mbird.com\/religion\/hannah-arendt-on-escape-and-the-self-made-man\/\"><i><span style=\"font-weight: 400;\">source<\/span><\/i><\/a><i><span style=\"font-weight: 400;\">).<\/span><\/i><\/p>\n<hr \/>\n<p><b>Le th\u00e8me de ce mois-ci : Tardigrades<\/b><\/p>\n<hr \/>\n<p><b>\u00a0<\/b><span style=\"font-weight: 400;\">Les tardigrades, \u00e9galement connus sous le nom d&rsquo;ours d&rsquo;eau, sont des invert\u00e9br\u00e9s microscopiques mesurant entre 0,1 et 1 mm de long et poss\u00e9dant 8 pattes. D\u00e9couverts en 1773, ils vivent dans des <\/span><a href=\"https:\/\/link.springer.com\/chapter\/10.1007\/978-3-319-95702-9_7\"><span style=\"font-weight: 400;\">environnements tr\u00e8s divers<\/span><\/a><span style=\"font-weight: 400;\">, notamment dans les oc\u00e9ans, les eaux douces et les \u00e9cosyst\u00e8mes terrestres tels que les mousses, les lichens et le sol. \u00c0 ce jour, <\/span><a href=\"https:\/\/www.sciencedirect.com\/science\/article\/abs\/pii\/S0070215321000983\"><span style=\"font-weight: 400;\">1380 esp\u00e8ces <\/span><\/a><span style=\"font-weight: 400;\">de tardigrades vivants ont \u00e9t\u00e9 recens\u00e9es dans le monde<\/span><span style=\"font-weight: 400;\">. <\/span><span style=\"font-weight: 400;\">Malgr\u00e9 leur petite taille, les tardigrades jouent un r\u00f4le \u00e9cologique important dans le cycle des nutriments et la r\u00e9gulation microbienne au sein de leurs habitats.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Les tardigrades sont surtout connus pour leurs extraordinaires capacit\u00e9s de survie : Ils ont surv\u00e9cu \u00e0 plusieurs extinctions massives, ont vol\u00e9 en orbite et se sont pos\u00e9s sur la Lune. Ils peuvent survivre <\/span><a href=\"https:\/\/www.americanscientist.org\/article\/tardigrades\"><span style=\"font-weight: 400;\">20 mois congel\u00e9s \u00e0 -200\u00b0C<\/span><\/a><span style=\"font-weight: 400;\"> , \u00e0 d&rsquo;immenses pressions, au vide spatial et \u00e0 des substances toxiques. Certaines esp\u00e8ces (du genre <\/span><i><span style=\"font-weight: 400;\">Paramacrobiotus <\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400;\">par exemple) sont <\/span><a href=\"https:\/\/en.bioxegy.com\/post\/tardigrade-the-incredible-and-tiny-terminator-of-the-living\"><span style=\"font-weight: 400;\">1000 fois plus r\u00e9sistantes aux rayons UV et X que l&rsquo;homme <\/span><\/a><span style=\"font-weight: 400;\">et peuvent m\u00eame survivre sans oxyg\u00e8ne pendant plusieurs jours. Leurs adaptations physiologiques uniques en font un sujet d&rsquo;int\u00e9r\u00eat pour la recherche scientifique, notamment en astrobiologie, en g\u00e9n\u00e9tique et en \u00e9tudes environnementales.<\/span><\/p>\n<p><b>Comment font-ils pour survivre \u00e0 tout ?\u00a0<\/b><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Les tardigrades doivent leur extr\u00eame r\u00e9silience \u00e0 plusieurs adaptations biologiques. L&rsquo;une de leurs principales strat\u00e9gies de survie est la cryptobiose, un \u00e9tat dans lequel ils arr\u00eatent presque compl\u00e8tement leur m\u00e9tabolisme en r\u00e9ponse \u00e0 des conditions environnementales extr\u00eames. Dans cet \u00e9tat, les tardigrades perdent <\/span><a href=\"https:\/\/link.springer.com\/chapter\/10.1007\/978-3-319-95702-9_7\"><span style=\"font-weight: 400;\">99 % de leur eau corporelle <\/span><\/a><span style=\"font-weight: 400;\">et se recroquevillent sous une forme dess\u00e9ch\u00e9e appel\u00e9e tun, ce qui leur permet de survivre \u00e0 une d\u00e9shydratation extr\u00eame (<\/span><a href=\"https:\/\/journals.plos.org\/plosone\/article?id=10.1371\/journal.pone.0270386\"><span style=\"font-weight: 400;\">anhydrobiose<\/span><\/a><span style=\"font-weight: 400;\">), \u00e0 des temp\u00e9ratures glaciales (cryobiose), \u00e0 une salinit\u00e9 \u00e9lev\u00e9e (osmobiose) et \u00e0 un manque d&rsquo;oxyg\u00e8ne (anoxybiose). Par exemple<\/span><a href=\"https:\/\/www.sciencedirect.com\/science\/article\/pii\/S0011224015300134?via%3Dihub\"><span style=\"font-weight: 400;\">, dans une \u00e9tude r\u00e9alis\u00e9e en 2016<\/span><\/a><span style=\"font-weight: 400;\">, des chercheurs japonais ont r\u00e9ussi \u00e0 r\u00e9cup\u00e9rer et \u00e0 reproduire un tardigrade antarctique provenant d&rsquo;un \u00e9chantillon de mousse congel\u00e9 depuis plus de 30 ans.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Un facteur cl\u00e9 de leur survie est la production de <\/span><a href=\"https:\/\/academic.oup.com\/zoolinnean\/article\/200\/1\/269\/7226613?login=false\"><span style=\"font-weight: 400;\">prot\u00e9ines bioprotectrices<\/span><\/a><span style=\"font-weight: 400;\">, connues sous le nom de Tardigrade-Specific Intrinsically Disordered Proteins (TDPs). Ces prot\u00e9ines remplacent l&rsquo;eau \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de leurs cellules et forment une structure protectrice en forme de gel qui emp\u00eache les dommages caus\u00e9s aux mol\u00e9cules biologiques sensibles, telles que l&rsquo;ADN et les prot\u00e9ines. Lorsque les conditions redeviennent favorables, les tardigrades peuvent se r\u00e9hydrater et reprendre une activit\u00e9 normale en quelques heures.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Les tardigrades poss\u00e8dent \u00e9galement des <\/span><a href=\"https:\/\/elifesciences.org\/articles\/92621\"><span style=\"font-weight: 400;\">m\u00e9canismes de r\u00e9paration de l&rsquo;ADN tr\u00e8s efficaces <\/span><\/a><span style=\"font-weight: 400;\">qui leur permettent de survivre \u00e0 des niveaux \u00e9lev\u00e9s de radiation, <\/span><a href=\"https:\/\/www.cell.com\/current-biology\/abstract\/S0960-9822(24)00316-6\"><span style=\"font-weight: 400;\">qui provoqueraient g\u00e9n\u00e9ralement des mutations mortelles chez d&rsquo;autres organismes<\/span><\/a><span style=\"font-weight: 400;\">. En outre, certaines esp\u00e8ces produisent des pigments qui agissent comme un bouclier contre les rayons ultraviolets nocifs.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Ces adaptations remarquables font des tardigrades l&rsquo;une des formes de vie les plus r\u00e9sistantes sur Terre. Leur capacit\u00e9 \u00e0 survivre dans l&rsquo;espace a suscit\u00e9 un grand int\u00e9r\u00eat scientifique, notamment dans les domaines de l&rsquo;astrobiologie et de la biotechnologie, o\u00f9 les chercheurs \u00e9tudient leurs m\u00e9canismes de survie uniques en vue d&rsquo;applications potentielles en m\u00e9decine, dans la conservation des aliments et dans l&rsquo;exploration spatiale.<\/span><\/p>\n<p><b>Application pour la science et la long\u00e9vit\u00e9<\/b><\/p>\n<ul>\n<li style=\"font-weight: 400;\" aria-level=\"1\"><a href=\"https:\/\/www.nature.com\/articles\/s41551-025-01360-5\"><span style=\"font-weight: 400;\">Th\u00e9rapie contre le cancer<\/span><\/a><\/li>\n<\/ul>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">La prot\u00e9ine Tardigrade Damage Suppressor Protein (Dsup) a donc \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9e comme un facteur cl\u00e9 dans la capacit\u00e9 du tardigrade \u00e0 prot\u00e9ger son ADN des dommages caus\u00e9s par des facteurs de stress tels que les radiations et la d\u00e9shydratation. La recherche a montr\u00e9 que lorsque la Dsup est introduite dans des cellules humaines, elle aide \u00e0 r\u00e9guler les g\u00e8nes impliqu\u00e9s dans la r\u00e9paration et la transcription de l&rsquo;ADN. <\/span><a href=\"https:\/\/www.mdpi.com\/2073-4409\/13\/10\/840\"><span style=\"font-weight: 400;\">Une \u00e9tude a montr\u00e9 que l&rsquo;expression de Dsup <\/span><\/a><span style=\"font-weight: 400;\">augmentait les niveaux d&rsquo;antioxydants et restaurait les param\u00e8tres cl\u00e9s alt\u00e9r\u00e9s par l&rsquo;exposition aux UV, tels que la longueur du tube pollinique, la position de l&rsquo;unit\u00e9 germinale m\u00e2le et l&rsquo;expression des prot\u00e9ines de stress (tubuline, HSP70). Ces r\u00e9sultats sugg\u00e8rent que Dsup pourrait renforcer la r\u00e9sistance du pollen aux UV-B et am\u00e9liorer la tol\u00e9rance des plantes aux radiations solaires. Cette prot\u00e9ine pourrait jouer un r\u00f4le vital dans la protection de l&rsquo;ADN humain contre les dommages environnementaux et pourrait avoir des applications th\u00e9rapeutiques dans le traitement du cancer, o\u00f9 les m\u00e9canismes de r\u00e9paration de l&rsquo;ADN sont cruciaux pour l&rsquo;efficacit\u00e9 des th\u00e9rapies. La chimioth\u00e9rapie et la radioth\u00e9rapie provoquent souvent des l\u00e9sions de l&rsquo;ADN dans les cellules saines, ce qui limite leur succ\u00e8s et entra\u00eene des effets secondaires n\u00e9fastes. En appliquant des prot\u00e9ines ou des g\u00e8nes d\u00e9riv\u00e9s de tardigrades \u00e0 des cellules humaines, les chercheurs pourraient potentiellement <\/span><a href=\"https:\/\/www.mdpi.com\/2079-7737\/10\/10\/970\"><span style=\"font-weight: 400;\">am\u00e9liorer la capacit\u00e9 des cellules \u00e0 r\u00e9parer l&rsquo;ADN<\/span><\/a><span style=\"font-weight: 400;\">, ce qui les rendrait plus r\u00e9sistantes aux effets n\u00e9fastes des th\u00e9rapies anticanc\u00e9reuses. Cela pourrait contribuer \u00e0 accro\u00eetre l&rsquo;efficacit\u00e9 des traitements tout en minimisant les dommages caus\u00e9s aux tissus sains.\u00a0<\/span><\/p>\n<ul>\n<li style=\"font-weight: 400;\" aria-level=\"1\"><a href=\"https:\/\/www.proquest.com\/openview\/c247fda602da9cccc9ef204bcadd6963\/1?cbl=18750&amp;diss=y&amp;pq-origsite=gscholar\"><span style=\"font-weight: 400;\">Cryoconservation<\/span><\/a><\/li>\n<\/ul>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">La cryoconservation, qui consiste \u00e0 conserver des cellules, des tissus ou des organes \u00e0 basse temp\u00e9rature, est un autre domaine dans lequel la recherche sur les tardigrades a des applications. Les tardigrades sont capables de survivre \u00e0 une dessiccation extr\u00eame, un processus similaire \u00e0 la cryoconservation. En \u00e9tudiant les g\u00e8nes responsables de leur r\u00e9sistance au stress, les chercheurs travaillent \u00e0 l&rsquo;am\u00e9lioration des techniques de cryoconservation des cellules, tissus et organes humains, ce qui pourrait r\u00e9volutionner la transplantation d&rsquo;organes et la pr\u00e9servation du mat\u00e9riel g\u00e9n\u00e9tique.<\/span><\/p>\n<ul>\n<li style=\"font-weight: 400;\" aria-level=\"1\"><a href=\"https:\/\/link.springer.com\/article\/10.1007\/s11084-016-9522-1\"><span style=\"font-weight: 400;\">Astrobiologie<\/span><\/a><\/li>\n<\/ul>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">En tant qu&rsquo;organismes extr\u00eamophiles, les tardigrades peuvent survivre dans l&rsquo;espace. En 1964, il a \u00e9t\u00e9 sugg\u00e9r\u00e9 pour la premi\u00e8re fois que les tardigrades pourraient servir d&rsquo;organismes mod\u00e8les pour la recherche spatiale en raison de leur extraordinaire r\u00e9sistance aux radiations. Au fil des ans, des \u00e9tudes sur leur cryptobiose ont r\u00e9v\u00e9l\u00e9 une r\u00e9sistance encore plus grande, en particulier dans les conditions spatiales. Plusieurs missions, telles que FOTON-M3 en 2007 et la mission Endeavour en 2011, ont permis d&rsquo;\u00e9tudier comment les tardigrades survivaient aux facteurs de stress de l&rsquo;espace, tels que la microgravit\u00e9 et les radiations. La derni\u00e8re recherche spatiale impliquant des tardigrades a \u00e9t\u00e9 le Phobos Life Project, qui visait \u00e0 tester la survie d&rsquo;organismes au cours d&rsquo;un vol interplan\u00e9taire, \u00e0 l&rsquo;appui de la th\u00e9orie de la panspermie. Malheureusement, la mission s&rsquo;est sold\u00e9e par un \u00e9chec lorsque le vaisseau spatial s&rsquo;est \u00e9cras\u00e9 en 2012. <\/span><span style=\"font-weight: 400;\"><br \/>\n<\/span><span style=\"font-weight: 400;\">En outre, cet organisme a fait preuve d&rsquo;une remarquable r\u00e9silience face \u00e0 des pressions extr\u00eames soutenues, <\/span><a href=\"https:\/\/www.researchgate.net\/profile\/Lukasz-Kaczmarek-3\/publication\/327834544_Water_bears_Tardigrada_-_space_invertebrates\/links\/5ba81dfb45851574f7e19c60\/Water-bears-Tardigrada-space-invertebrates.pdf?__cf_chl_tk=nbeT8Bo3uqJFUaErLVSW5AyErPp9X2Jq8ki6bJa84FM-1742943634-1.0.1.1-dR7UJ8VCqgTxCZQUdx6lzVnMBa6ysWFvotp4kA_SQ3k\"><span style=\"font-weight: 400;\">supportant jusqu&rsquo;\u00e0 74 000 atmosph\u00e8res<\/span><\/a><span style=\"font-weight: 400;\">, ce qui \u00e9quivaut \u00e0 une descente de 180 km vers le noyau de la Terre. Cette pression est sup\u00e9rieure \u00e0 celle n\u00e9cessaire \u00e0 la formation des diamants. Malgr\u00e9 ces conditions intenses, la structure et l&rsquo;int\u00e9grit\u00e9 de leurs cellules restent inchang\u00e9es.<\/span><span style=\"font-weight: 400;\"><br \/>\n<\/span><span style=\"font-weight: 400;\"><br \/>\n<\/span><span style=\"font-weight: 400;\">La capacit\u00e9 des tardigrades \u00e0 entrer en cryptobiose les rend non seulement aptes \u00e0 survivre \u00e0 de longs voyages cosmiques, mais ouvre \u00e9galement la possibilit\u00e9 d&rsquo;explorer s&rsquo;ils pourraient survivre et prosp\u00e9rer sur d&rsquo;autres plan\u00e8tes.<\/span><\/p>\n<ul>\n<li style=\"font-weight: 400;\" aria-level=\"1\"><a href=\"https:\/\/zslpublications.onlinelibrary.wiley.com\/doi\/full\/10.1111\/jzo.13018\"><span style=\"font-weight: 400;\">Long\u00e9vit\u00e9<\/span><\/a><\/li>\n<\/ul>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Une autre possibilit\u00e9 d&rsquo;utiliser les tardigrades comme mod\u00e8le pourrait \u00eatre d&rsquo;\u00e9tudier comment ils vieillissent lorsqu&rsquo;ils entrent en cryptobiose. L&rsquo;hypoth\u00e8se de la &laquo;&nbsp;belle au bois dormant&nbsp;&raquo; sugg\u00e8re que les tardigrades ne vieillissent pas pendant cet \u00e9tat de s\u00e9cheresse, m\u00eame si elle n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 enti\u00e8rement explor\u00e9e. <\/span><a href=\"https:\/\/zslpublications.onlinelibrary.wiley.com\/doi\/full\/10.1111\/jzo.13018\"><span style=\"font-weight: 400;\">Cette hypoth\u00e8se <\/span><\/a><span style=\"font-weight: 400;\">a r\u00e9cemment \u00e9t\u00e9 test\u00e9e en soumettant un groupe de tardigrades \u00e0 des p\u00e9riodes altern\u00e9es de cong\u00e9lation \u00e0 -30\u00b0C et d&rsquo;alimentation \u00e0 20\u00b0C. Les r\u00e9sultats ont montr\u00e9 que les tardigrades congel\u00e9s vivaient deux fois plus longtemps que le groupe t\u00e9moin. Cette \u00e9tude repr\u00e9sente la premi\u00e8re preuve exp\u00e9rimentale que les tardigrades r\u00e9duisent leur vieillissement pendant la cryobiose.<\/span><\/p>\n<p><b>Les Tardigrades ne sont pas les seuls \u00e0 pratiquer la cryptobiose<\/b><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Comme les tardigrades, certains rotif\u00e8res bdello\u00efdes peuvent entrer en cryptobiose pour survivre \u00e0 des conditions extr\u00eames, y compris une cong\u00e9lation prolong\u00e9e. <\/span><a href=\"https:\/\/www.cell.com\/current-biology\/fulltext\/S0960-9822(21)00624-2\"><span style=\"font-weight: 400;\">Une \u00e9tude publi\u00e9e en 2021 <\/span><\/a><span style=\"font-weight: 400;\">a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 qu&rsquo;un rotif\u00e8re bdello\u00efde du genre <\/span><i><span style=\"font-weight: 400;\">Adineta<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400;\">, extrait du perg\u00e9lisol sib\u00e9rien et dat\u00e9 au radiocarbone d&rsquo;environ 24 000 ans avant notre \u00e8re, a \u00e9t\u00e9 r\u00e9anim\u00e9 avec succ\u00e8s. L&rsquo;analyse g\u00e9n\u00e9tique a confirm\u00e9 sa classification et d\u00e9montr\u00e9 qu&rsquo;il pouvait se reproduire par parth\u00e9nogen\u00e8se en laboratoire. Cette d\u00e9couverte repr\u00e9sente le plus long cas document\u00e9 de survie \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat congel\u00e9 pour un organisme multicellulaire, mettant en \u00e9vidence la cryptobiose comme une strat\u00e9gie biologique remarquable qui permet \u00e0 certaines formes de vie de r\u00e9sister \u00e0 des environnements extr\u00eames et de rester en sommeil pendant des milliers d&rsquo;ann\u00e9es.<\/span><\/p>\n<hr \/>\n<p><b>La bonne nouvelle du mois : Nous en savons plus sur la vie des supercentenaires.<\/b><\/p>\n<hr \/>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Maria Branyas Morera est d\u00e9c\u00e9d\u00e9e en 2024, \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de 117 ans. Elle a accept\u00e9 d&rsquo;\u00eatre d\u00e9j\u00e0 examin\u00e9e pour \u00e9tudier son \u00e9tat de sant\u00e9 exceptionnel de son vivant. Une <\/span><a href=\"https:\/\/www.biorxiv.org\/content\/10.1101\/2025.02.24.639740v1\"><span style=\"font-weight: 400;\">\u00e9tude publi\u00e9e en f\u00e9vrier sous forme de pr\u00e9publication <\/span><\/a><span style=\"font-weight: 400;\">montre qu&rsquo;elle avait presque un &laquo;&nbsp;microbiome intestinal d&rsquo;enfant&nbsp;&raquo;. Ses g\u00e8nes l&rsquo;ont prot\u00e9g\u00e9e des maladies cardiovasculaires, neurod\u00e9g\u00e9n\u00e9ratives et m\u00e9taboliques.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">L&rsquo;auteur principal de l&rsquo;article, Manel Esteller, explique que cette supercentenaire sugg\u00e8re que, dans certaines conditions, le vieillissement et la maladie peuvent \u00eatre d\u00e9coupl\u00e9s. Ceci ne concerne malheureusement qu&rsquo;un petit groupe de personnes. Mais l&rsquo;\u00e9volution de nos connaissances devrait permettre \u00e0 un plus grand nombre de personnes de b\u00e9n\u00e9ficier plus longtemps de ce d\u00e9couplement.<\/span><\/p>\n<hr \/>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Pour plus d&rsquo;informations<\/span><\/p>\n<ul>\n<li style=\"font-weight: 400;\" aria-level=\"1\"><a href=\"http:\/\/heales.org\"><span style=\"font-weight: 400;\">Heales<\/span><\/a><span style=\"font-weight: 400;\">, <\/span><a href=\"https:\/\/www.levf.org\/\"><span style=\"font-weight: 400;\">Longevity Escape Velocity Foundation<\/span><\/a><span style=\"font-weight: 400;\">, <\/span><a href=\"https:\/\/longevityalliance.org\/\"><span style=\"font-weight: 400;\">International Longevity Alliance<\/span><\/a><span style=\"font-weight: 400;\">, <\/span><a href=\"http:\/\/longecity.org\"><span style=\"font-weight: 400;\">Longecity <\/span><\/a><span style=\"font-weight: 400;\">et <\/span><a href=\"http:\/\/lifespan.io\"><span style=\"font-weight: 400;\">Lifespan.<\/span><\/a><\/li>\n<li style=\"font-weight: 400;\" aria-level=\"1\"><a href=\"https:\/\/heales.org\/\"><span style=\"font-weight: 400;\">Actualit\u00e9s scientifiques mensuelles de Heales<\/span><\/a><\/li>\n<li style=\"font-weight: 400;\" aria-level=\"1\"><a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/@HealesMovies\"><span style=\"font-weight: 400;\">Cha\u00eene YouTube de Heales<\/span><\/a><\/li>\n<li style=\"font-weight: 400;\" aria-level=\"1\"><a href=\"https:\/\/www.nature.com\/articles\/nature.2016.20648\"><span style=\"font-weight: 400;\">Image<\/span><\/a><\/li>\n<li style=\"font-weight: 400;\" aria-level=\"1\"><a href=\"mailto:info@heales.org\"><span style=\"font-weight: 400;\">Contactez nous<\/span><\/a><\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le d\u00e9sir d&rsquo;\u00e9chapper \u00e0 la condition humaine, je le soup\u00e7onne, sous-tend \u00e9galement l&rsquo;espoir de prolonger la dur\u00e9e de vie de l&rsquo;homme bien au-del\u00e0 de la limite de cent ans. Hannah Arendt, philosophe. La condition humaine, 1958 (source). Le th\u00e8me de ce mois-ci : Tardigrades \u00a0Les tardigrades, \u00e9galement connus sous le nom d&rsquo;ours d&rsquo;eau, sont des &hellip; <a href=\"https:\/\/heales.org\/healesfr\/2025\/03\/31\/ettre-dinformation-mensuelle-de-heales-la-mort-de-la-mort-n191-tarigrades\/\" class=\"more-link\">Continue reading <span class=\"screen-reader-text\">Lettre d&rsquo;information mensuelle de Heales, La mort de la mort N\u00b0191. Tarigrades<\/span> <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":1901,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3,53],"tags":[],"class_list":["post-1896","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-mortdelamort","category-lettre-mensuelle"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/heales.org\/healesfr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1896","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/heales.org\/healesfr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/heales.org\/healesfr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/heales.org\/healesfr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/heales.org\/healesfr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1896"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/heales.org\/healesfr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1896\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1902,"href":"https:\/\/heales.org\/healesfr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1896\/revisions\/1902"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/heales.org\/healesfr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1901"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/heales.org\/healesfr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1896"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/heales.org\/healesfr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1896"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/heales.org\/healesfr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1896"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}